Nord Sindian/Dialankine : Les communautés misent sur la jeunesse pour une bonne gestion des ressources naturelles

Scoopsdeziguinchor.com : C’est connu ! La déforestation a atteint aujourd’hui des proportions inquiétantes au niveau de plusieurs contrées de la Casamance et plus particulièrement dans le Nord Sindian. Une situation qui est le résultat de plusieurs facteurs combinés dont la passivité des communautés locales face à la coupe progressive et abusive du bois ; des activités illicites s’opérant au niveau de la bande frontalière et qui nécessitent des mesures d’envergure pour leur éradication. Et toute chose qui interpelle plus que jamais les communautés locales conscientes de la montée des périls, et qui en partenariat avec le CRS, Caritas et la PFPC font preuve de stratégies pour éradiquer ce fléau

C’est tout le sens de la mobilisation culturelle organisée ce samedi à Dialankine, commune d’Oulampane, au profit des villages de la Zone 5 de la commune éponyme. Un panel qui a mobilisé toutes les franges de la population et qui avait pour Thème : « Inclusion des jeunes dans la gestion des ressources naturelles afin de renforcer la cohésion sociale » ! Promouvoir l’inclusion des jeunes dans la gestion des ressources naturelles ; Renforcer la cohésion sociale entre les villages de la zone 5 ; Appuyer le plaidoyer des chefs de village sur la paix et le développement de la zone. Tels étaient les objectifs visés à travers cette initiative qui s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre des activités du projet USAID-Alwili. Et initiative qui va, selon les initiateurs, favoriser la gestion inclusive et rationnelle des ressources naturelles d’une part et d’autre part renforcer la cohésion sociale dans les villages du Dioub Usoforal.

Abordant d’ailleurs le thème de ce panel, le Conférencier du jour le journaliste Amady Khalil Diémé, s’est d’emblée appesanti sur les conteurs de la cohésion sociale au niveau de ces contrées fortement impactées par la crise. Et c’est pour marteler face à l’assistance que  la cohésion sociale, c’est d’abord, et entre autres, une bonne harmonie au sein de la sphère familiale ; l’accès des communautés aux infrastructures socioéconomiques de base (eau, électricité, soin de santé, etc) ; la question de l’accompagnement des femmes dans des activités génératrices de revenus et pour la réduction de leur pénibilité, le reboisement des terroirs, le renforcement de la cohésion entre les villages d’une même zone territoire, etc. « Car là où il n y a pas de cohésion sociale il n y a pas de paix, du coup, pas de développement »  a-t-il indiqué.  Suffisant en outre pour Khalil Diémé d’exhorter les communautés locales a prôné le commun vouloir de vie commune dans la paix et l’harmonie.

Une invite qui cadre avec les objectifs du projet Alwili/USAID déroulé par Catholic Relief Service (CRS), La Caritas et la Plateforme des Femmes pour la Paix en Casamance (PFPC) dans le Fogny. Ainsi pour Faye Badiane animateur au niveau de la PFPC, il s’agit à travers ce projet Alwili II, d’impliquer les jeunes dans la gestion des ressources naturelles ; car « le constat est que la forêt est agressée. Et nos ne voulons parler de coupe de bois ici plutôt de reboisement et dont les jeunes doivent être au cœur » plaide-t-il. Et c’est ce qui justifie en outre, poursuit-il, le choix du thème du panel pour inciter les jeunes de s’impliquer de fond en comble afin de relever les défis de l’heure ; tout en rendant verte toute cette zone du Fogny. « Car tout au long de la frontière avec la Gambie voisine tout est dévasté. Tu ne verras ni caicédrat, ni fromager et ne parlons pas du bois de Tekk, ni de venn qui n’y existent plus » soutient Faye Badiane. Non sans manquer de magnifier l’engagement des populations de Dialankine qui eux s’opposent, dit-il, à toute coupe abusive ou non autorisée de bois au niveau de leur zone..

Philipe Diédhiou est de la Caritas Ziguinchor intervenant dans le projet Usaid/Alwili notamment les projets connecteurs qui promeuvent la consolidation de la paix et de la cohésion sociale au niveau de ces contrées du Fogny. « Nous avons eu à réfléchir ensemble avec les communautés pendant un long processus à pouvoir identifier des idées de projets partagées, priorisées et adoptées. C’est ce qui justifie, dans le cadre de la priorisation, la mise en place de matériels agricoles et une batteuse à céréale multifonctionnelle aux comités inter-villageois » souligne-t-il. Et pour M. Diédhiou, en mettant à la disposition des femmes des matériels agricoles, cela leur permettrai, dit-il, de gagner du temps et de se consacrer à autre chose. Un geste des partenaires magnifié par les communautés à travers la voix du chef de village de Dialankine.

Car pour Salif Coly ce projet a été un vecteur de paix et un facteur de développement pour nous populations de la zone avec une bonne mobilité le long de la frontière avec la Gambie. C’est dire que la paix doit être consolidée aujourd’hui pour éviter, selon lui, des incidents comme ceux enregistrés la veille à Welkalir, située à quelques encablures de Dialankine, et où l’armée a pris possession et incendié un camion transportant du bois.

ENCADRE

Cette rencontre organisée ce samedi à Dialankine intervient dans un contexte où la veille des éléments de l’armée sénégalaise ont mis la main sur un camion rempli de bois avec une immatriculation gambienne avec de l’incendier. Les faits se sont déroulés à Welkalir localité de la commune d’Oulampane située à quelques encablures de Dialankine et de la frontière gambienne. Une troisième opération du genre menée par l’armée dans ce secteur du Nord Sindian ; et initiative qui s’inscrit en droite ligne des opérations de sécurisation menées ces derniers mois par les hommes du colonel Souleymane Kandé qui entendent ainsi éradiquer les activités illicites en Casamance ; telles le trafic de chanvre indien et le trafic illicite de bois très en vogue dans certaines contrées dont le nord Sindian zone territoire encore sous la mainmise du chef de guerre Salif Sadio ; mais un secteur où l’armée est aujourd’hui fortement présent. D’ailleurs en réaction à cette opération de l’armée, des éléments rebelles établis dans la zone ont dés le lendemain (samedi) convoqué l’ensemble des chefs du village de cette contrée à Inor pour disséquer sur la recrudescence de la violence et voir comment arrondir les angles afin d’éviter de tels incidents. Une situation qui a de qui inquiéter malgré tout les communautés locales qui craignent de nouveaux affrontements entre l’armée et les éléments d’Atika et qui risquent, du coup, d’embraser à nouveau le Fogny qui baigne pourtant depuis plusieurs années dans une accalmie.   .  

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