Scoopsdeziguinchor.co : L’adjoint au préfet de Bignona s’est dit attentif aux besoins et préoccupations des femmes des fédérations de Niamone, Djignaky et Oulampane. Et il a promis le 28 juin dernier, lors d’une rencontre organisée à la préfecture de Bignona, de les accompagner dans le cadre de la matérialisation de leurs plans d’action communaux pour lutter contre les violences basées sur le genre (VGB)
L’autorité préfectorale de Bignona a reçu les responsables des fédérations des communes de Niamone, Djignaky et d’Oulampane venues lui présenter leurs plans d’action communaux dans le cadre de leur croisade contre les violences basées sur le genre.
« Nous sommes venues à la préfecture de Bignona avec les trois présidentes des fédérations des communes pour présenter au préfet le plan d’action communal de lutte contre les violences basées sur le genre élaboré par les femmes de concert avec tous les acteurs sociaux basés au niveau de ces collectivité » déclare Mme Sagna Maryse Ndione Assistante de projet au Comité Régional des femmes pour la Paix en Casamance (Usoforal).
Une démarche qui s’inscrit dans le cadre du Projet Renforcement des mécanismes institutionnels et sociaux des femmes et des filles à la non-discrimination et à une vie sans violence ; et projet qui intervient dans les communes de Djignaky, Niamone et Oulampane.
« L’objectif est de sensibiliser sur les VBG à travers le plan communal de l’équité de genre et la lutte contre la violence basée sur le genre des communes de Niamone, Djignaky et Oulampane » explique Maryse Ndione.
Ainsi pour l’assistante au projet à Usoforal, ce plan d’action consiste à lutter contre toutes formes de violences basées sur le genre.
« Les femmes peuvent lutter contre ces violences, qu’elles vivent au sein de leurs familles ; que ce soit les violences entres femmes, entre maris et femmes et aussi à l’endroit des enfants et celles subies par les personnes en situation d’handicap » martèle-t-elle.
Et pour Mme Sagna Maryse Ndione, quand on élabore un plan d’action, il faut l’appui des autorités.
« Nous avons rendu visite aux sous-préfets des arrondissements de Kataba I, de Tenghory et de Sindian durant la semaine pour leur présenter d’abord ce plan d’action et solliciter leurs engagements ; et aujourd’hui c’est au tour de l’autorité préfectorale de Bignona ; pour solliciter son apport et son accompagnement dans le cadre des activités qui seront déroulées dans le cadre de ce projet » justifie la chargée de projet à Usoforal.
Une manière pour les femmes de porter le plaidoyer au niveau des autorités administratives du département.
« C’est avec beaucoup d’intérêt que nous avons en présence des femmes des communes de Niamone, Oulampane et Djignaky qui travaillent autour des plans d’action communaux à dérouler dans le cadre de la lutte contre les violences basées sur le genre ; et ce, avec l’accompagnement d’Usoforal » a laissé entendre Mohamed Al Amine Ndoye adjoint au préfet du département de Bignona.
« A suivre les débats il était surtout question de recueillir les besoins, les inquiétudes, les préoccupations des femmes au niveau de ces différentes communes » ajoute-t-il.
Mohamed Al Amine Ndoye qui dit avoir été attentif à tous ces besoins et toutes ces préoccupations exprimées par les femmes au cours de leur rencontre.
« Nous sommes engagés à coté des cellules mises en place au niveau des communes, villages et quartiers à être leur premier support, leur premier accompagnant en tant qu’autorité préfectorale ou sous-préfectorale. Et à partir de ce jour nous avons une année pour suivre les différents plans d’action et nous serons vigilants par rapport aux déroulés » annonce l’autorité préfectorale.
Car pour ce dernier, les problématiques liées aux violences basées sur le genre c’est surtout des clichés sociaux, des stéréotypes qui sont partagés et qui sont très ancrés dans nos communautés.
« Pour les combattre il faut surtout s’attaquer à la conscience collective. Et ce n’est pas un combat qu’on peut gagner en un mois ou à une période courte. Il faudra faire un travail de sensibilisation, un travail de dialogue, de partage pour amener véritablement tous les acteurs à pouvoir changer de paradigmes » assène-t-il.
Mohamed Al Amine qui a demandé en outre aux femmes d’être les premières gardiennes de tout ce qui sera dégagé en termes de conduite à tenir.
« Et dans ce combat il y a un élément essentiel et qui constitue l’aspect éducation. Il faut qu’on travaille aujourd’hui à ce que nos enfants, surtout les plus jeunes, aient une autre façon de voir la dimension genre ; savoir que l’homme et la femme sont complémentaires dans la société » soutient-il.
Car convaincu que « il n y a pas de droit plus élevé que celui de l’autre ; et que c’est dans cette complémentarité que chacun doit apporter sa pierre à l’édifice pour qu’on ait un socle familial solide » note-t-il.
L’autre problème majeur, selon l’adjoint au préfet de Bignona, c’est la déperdition scolaire chez les filles.
« Et aujourd’hui il faut qu’on travaille également à ce qu’elles aillent à l’école et qu’elles puissent rester à l’école. Et pour ce faire, il y a un travail à entamer au niveau de toutes ces communautés » plaide-t-il.