Cet atelier régional pour la mise en place des organes de gouvernance du fond de garantie intrants et matériels agricoles domicilié à la banque agricole permettra donc aux parties prenantes de montrer la symbolique de ce fond qui être valorisé comme un exemple dans le cadre de la problématique du financement de l’agriculture d’une part, et de la pérennisation des appuis aux organisations paysannes (OP) d’autre part. D’ailleurs sur la genèse du ce projet, Youssouph Badji le Coordonnateur du PPDC explique que tout est parti d’un diagnostic institutionnel qui leur a permis très tôt de confirmer que l’accès au crédit était un problème important. « Et nous avons réfléchi ensemble tout au départ du projet pour créer un mécanisme de prélèvement qui a permis à travers les subventions mises à la disposition des organisations paysannes de collecter des fonds » a-t-il dit. Et l’ensemble des organisations partenaires des régions de Ziguinchor, Sédhiou et Kolda ont, poursuit-il, collecté pour constituer un fonds d’environ 82 millions domicilié au niveau de la banque agricole ; une institution financière avec laquelle le PPDC s’est réuni pour voir quels mécanismes utilisés pour faciliter davantage l’accès au crédit aux agriculteurs. Et c’est dans cette réflexion qu’est venue l’idée de créer, justifie Youssouph Badji, un fonds de garantie dont tous les producteurs des trois régions de la Casamance naturelle seront bénéficiaires. Toute chose qui nécessite, aux yeux du coordonnateur du PPDC, la mise en place d’un système, d’une organisation qui permet à la fois d’assurer la gouvernance de ce fonds avec la banque mais aussi de mettre en place tout un dispositif pour la délivrance des crédits, pour l’alimentation du fonds, pour le recouvrement des créances, etc. « Un instrument qui permet aux organisations paysannes d’avoir un dénominateur commun mais qui aussi va être un outil à travers lequel l’Etat peut intervenir directement en le renforçant ou toute autre institution qui a envie de faciliter l’accès au crédit ; une gouvernance du fonds par les utilisateurs et aux profit des utilisateurs » souligne-t-il. C’est tout le sens de cet atelier deux jours organisé à Ziguinchor et axé sur la mise en place des organes de gouvernance du fond de garantie intrants et matériels agricoles pour les organisations paysannes partenaires du PPDC.
Une initiative nationale unique au Sénégal, de l’avis d’Abdou Aziz Badji le président du Cadre de concertation Régionale des Ruraux (CRCR) ; et rencontre qui a mobilisé tous les acteurs, programmes, services techniques, qui s’activent dans le secteur agricole en milieu rural. Et il s’est agi pour tout ce beau monde de partager l’expérience du partenariat PPDC-Op dans la mise en œuvre du projet en général et de la gestion de fonds public par les OP en particulier ; de capitaliser et renforcer le partenariat entre la banque agricole et les organisations de producteurs de la Casamance pour l’accès au service financier des producteurs et de valider un modèle de gouvernance de fonds de garantie mis en place dans le cadre d’un processus de pérennisation des acquis de projet de développement. « Durant l’existence de ce projet nous avons négocié en tant qu’organisations paysannes de gérer avec le PPDC le fonds intrants. Et les organisations paysannes ont mobilisé dans le cadre de la gestion de ce fonds 125 millions de francs Cfa » a d’ailleurs indiqué Abdou Aziz Badji président du CRCR. Et pour qui ce fonds logés à la banque agricole va ainsi leur permettre de lever plus d’un (01) milliard 250 millions de francs Cfa afin que les organisations paysannes participent progressivement à sortir l’Etat du Sénégal d’une fonction qui n’est pas la sienne ; à savoir le commerce des intrants, dit-il, pour les producteurs. « Et cette mobilisation de fonds va permettre aux OP de la région de Ziguinchor de faire une levée de fonds au niveau de la banque et de faire commande des intrants à temps afin de les mettre à la disposition des producteurs » soutient le patron du CRCR.