Niamone/Marche : Les populations prêtes à mourir pour leurs terres

Scoopsdeziguinchor.com : La population de Niamone, département de Bignona, a battu le macadam ce jeudi pour exiger, entre autres, l’audit de la forêt classée de Bignona, sa déclassification et la restauration de ses terres

La colère des populations de Niamone était bien réelle ce jeudi sur l’axe Ziguinchor-Bignona. Une colère visible à travers leurs pancartes où on pouvait lire « Nous ne sommes pas des sénégalais de seconde zone mais des sénégalais à part entière » ; « déclassez la forêt et rendez nos erres » ; « Justice pour Niamone » ; « Niamone réclame ses terres », etc.

« Ce que la population réclame aux autorités administratives et surtout au gouvernement actuel, c’est un audit de la forêt classée, l’arrêt et la destruction de toutes les nouvelles constructions qui sont dans la forêt classée, la déclassification de la forêt classée de Bignona, la restauration des terres de la commune de Niamone » ont déclaré les populations de Niamone dans leur mémorandum lu par Joachin Davila Bessane leur porte-parole du jour

Des populations qui par cette démarche entendent dénoncer, disent-elles, l’occupation illégale, illicite et anarchique de la forêt classée de Bignona. Une forêt qui se situe entre les communes de Niamone, Coubalan, Tenghory et Bignona.

« Elle est sensée être protégée par les agents des Eaux et forêts du secteur. Mais cette forêt se trouve aujourd’hui occupée et vandalisée par des gens venus d’horizons divers sans qu’il y ait des mesures ou des actions de déguerpissement » a martelé leur porte-parole.

Joachin Davila Bessane pour qui malgré de nombreuses alertes à l’endroit des agents des Eaux et forêts du secteur de Bignona et des autorités administratives, cette question est restée sans issue en termes de solutions.

« Pire si un fils de Niamone vient à occuper cette forêt il est automatiquement arrêté, emprisonné et sanctionné d’une amende. Alors les autres occupants ne subissent aucune répression, ni poursuite. Or la majeure partie de cette forêt classée de Bignona se trouve dans la commune de Niamone » s’est-il indigné.

Une forêt classée difficilement pénétrable, selon lui, vers les années 2012.

« Mais depuis les années 2017-2018 la coupe de bois au niveau de la forêt et son occupation illégale et anarchique a commencé. En cette période on ne pouvait en dénombrer que pas plus de 25 constructions au niveau de cette forêt » déplore-t-il..

Et pour Joachin Davila Bessane, c’est depuis 2018 que l’occupation anarchique de la forêt classée a avancé de façon exponentielle.

« Les détracteurs occupaient, vandalisaient et vendaient les lots dans la nuit ; et même les constructions se faisaient pendant la nuit » explique-t-il.

Une manière pour lui de dénoncer l’inertie des autorités compétentes face à cette situation.

« Au cours de cette même année des lettres et des correspondances ont été adressées aux services de l’Etat en charge de la forêt classée et aux autorités administratives pour alerter mais sans aucune issue. Et aucune mission n’a été entreprise pour stopper l’occupation de la forêt classée » lâche-t-il.

Et à en croire le porte-parole des populations de Niamone, les villages de Djirina et de Colomba qui jouxtent cette forêt ont essayé chacun à son niveau d’arrêter ou de faire arrêter, sans succès, l’avancée de cette occupation à travers des correspondances adressées aux autorités compétentes de Bignona et administratives de la région de Ziguinchor et même au ministère de l’environnement et du développement durable pour attirer leur attention sur cette situation et la déforestation de la forêt classée.

Tout comme la jeunesse de Niamone qui s’est organisée, dit-il, en collectif pour sensibiliser la population sur la catastrophe foncière qui menace la commune éponyme.

« Malgré ces efforts consentis et le respect de l’administration la population de Niamone n’a reçu que de la désolation » se désole-t-il. .

Et suffisant pour M Bessane d’avertir qui de droit : « La population de Niamone a décidé de prendre son destin en mains. Ainsi après le point de presse du 20 juin  suivi de cette marche, la Commune de Niamone se dit prête à donner sa vie pour que cette épineuse question soit réglée définitivement » .

Des populations qui ont aussi magnifié l’engagement des nouvelles autorités administratives qui ont autorisé cette marche encadrée par les services d’ordre et de la sécurité. Un motif de confiance, disent-elles, pour mettre à nu tous ceux qui se cachent derrière les personnes qui se croient intouchables.

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